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Hamurana Springs, sources généreuses

Sur la rive nord du Lac Rotorua se trouvent les Hamurana Springs, sources qui alimentent une succession de lacs. La principale, Hangarua – absente ci-dessous mais admirablement capturée ici – fournit 4,5 millions de litres par heure, soit – j’ai fait le calcul pour vous – 75000 par minute, 1250 par seconde. Une deuxième source, baptisée « Sables dansant » (voir photo et vidéo), émerge sous un banc de sable qu’elle fait virevolter. Réserve naturelle, l’endroit abrite, côté flore, des séquoias sempervirent, géants rougeâtres atteignant 55 mètres de haut, et côté faune, d’énormes truites.

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Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana Hamurana

Dancing sands spring :

Hamurana

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Hot water beach, Cathedral Cove, Port Jackson : Coromandel peninsula

Hot Water Beach

Quand vous arrivez à Hot Water Beach, sur la côte est de la péninsule de Coromandel, avant que la route plongeante ne vous amène près de l’eau, le surplomb vous offre ce spectacle grandiose :

HWB

Puis très rapidement, vous y êtes. Vous avez amené votre pelle, pour creuser votre trou d’eau chaude dans le sable. Ce que vous apprenez, en y arrivant, c’est que la source se concentre sur environ 1/100e de ce petit paradis. Le résultat, le voici :

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-Dégage, c’est mon trou jt’ai dit !
-Shtounnng ! (coup de pelle en pleine tronche)

Non, en vrai, c’est beaucoup plus civilisé que cela. Les gens attendent que les occupants de trous parfaitement réalisés se fassent la malle, pour subtiliser, tel le coucou, ce nid douillet tant convoité.

J’ai creusé. Trois coups de pelle et une ampoule plus tard, j’ai commis le parfait hold-up.

C’est anecdotique, mais une chambre d’eau chaude, vestige d’une activité volcanique de 5 millions d’années, située sous la plage, fait remonter par des fissures une eau à 65 degrés qui donne le nom « Eau chaude » à cette plage.

Cathedral Cove

Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove Cathedral cove

Port Jackson

Port Jackson Port Jackson Port Jackson Port Jackson

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Médias néo-zélandais : étude de cas

TPHS

Dimanche 5 octobre, lors de l’émission de radio Amuse-Gueule, à laquelle je participe, nous avons évoqué les médias en Nouvelle-Zélande. Télévision, presse, un peu de radio, et liberté de la presse, avec la 9e place occupée actuellement par ce pays dans le classement de Reporters sans frontières, loin devant la France, 39e.

Je vous propose dans ce post de lire ma chronique, consacrée à une anomalie du paysage audiovisuel néo-zélandais : le controversé Paul Henry, animateur/journaliste populaire, malgré ses dérapages racistes en direct à plusieurs reprises.

« Vous connaissez tous Paul Henry. Mais si! Le journaliste qui fait de la pub pour une barre chocolatée et officie chaque soir de semaine, à 22h30, sur TV3. Le journaliste tête bien ronde, lunettes à montures rectangulaires, qui semble sorti d’un salon UV à chaque apparition. Celui, un poil grossier, légèrement misogyne, grande gueule à sa façon et qui ne s’excuse de rien.

Mais qu’a bien fait ce journaliste pour mériter un show quotidien portant son nom ? Eh bien, il provoque, sans cesse. Pour commencer, il a été suspendu par TV1, chaine publique concurrente, sur laquelle il présentait la matinale. Un matin d’octobre 2010 où il recevait John Key, premier ministre, tous deux évoquaient la nomination du nouveau gouverneur général. Voici une retranscription du dialogue.
Henry : Le moment est bientôt venu pour vous de nommer un nouveau Gouverneur Général.
Key : Effectivement, nous devons prendre cette décision parce que le mandat du gouverneur général actuel, Anand Satyanand, se termine au milieu de l’année prochaine.
Henry : Mais est-il néo-zélandais ?
Key : Ah, bien sûr que oui !
Henry : Allez-vous choisir un néo-zélandais qui ressemble et sonne comme un néo-zélandais cette fois ?
Key : En fait, chaque Gouverneur depuis Porritt est néo-zélandais de naissance.
Henry : Mais allez-vous vous tourner vers quelqu’un qui est davantage néo-zélandais cette fois ?

Paul Henry serait-il, aussi, raciste ? Non, et il a d’ailleurs présenté ses plus plates excuses, par écrit et à l’antenne, à la demande du P-dg du groupe TVNZ. Et les regrets de Paul Henry pourraient être crédibles, s’il n’avait pas, quelques jours avant, insulté en direct Sheila Dikshit, ministre indienne, créant une polémique à quelques mois des Commonwealth Games. Difficile à traduire cette fois, les jeux de mots inimaginables déclamés par Paul Henry ne fonctionnant qu’en Anglais – Dik pour « dick », bite, et « shit », merde. Parfois, à l’antenne, les masques tombent. Il n’y a pas de retour en arrière.

Un mot sur le contenu de son émission actuelle, où il commente en toute liberté l’actualité de la journée avec, là aussi, coups de gueule et franc parler. Dans un petit studio austère, Paul Henry déclame ses vérités. Chaque nouvelle qui sort de sa bouche est éditorialisée. La garante de l’information, c’est sa consoeur Janika Ter Ellen, à ses côtés pour présenter le journal de la nuit. Lui, dit ce qu’il pense, mène des interviews, et envoie les magnétos. Ethique et déontologie au placard.

Par exemple, lors de la campagne, il a noblement souhaité donner la parole aux électeurs qui peuvent être perdus, ne suivent pas forcément l’actualité politique, mais ont tout de même leur mot à dire le jour du vote. Des sujets qui devaient mettre en avant les besoins des citoyens lambda, au quotidien. Qui a été interviewé dans ce panel ? Sa fille cadette Bella, qu’il n’a d’ailleurs pas hésité à ridiculiser.

Interrogée sur l’affaire Cameron Slater, auteur du blog Whale Oil à qui il était reproché ses liens avec l’administration Key, Bella a littéralement parlé de l’huile de baleines (traduction mot à mot du nom du blog), du sort qu’il était réservé à ces dernières et que ce n’est pas bien de les tuer. Voilà qui a donné un excellent éclairage sur les attentes du kiwi moyen pour les 3 années à venir.

Certes, Paul Henry n’est plus salarié de la télévision publique, mais on peut tout de même pointer du doigt la responsabilité de TV3, chaîne privée concurrente, dans le choix de mettre à l’antenne, cinq soirs par semaine, une personnalité si peu éthique. Je n’ai malheureusement pas pu accéder aux chiffres d’audience de son émission.

Je me suis quand même plongé dans des centaines de tweets, et je dois malheureusement accepter que si quelques uns se lamentent du contenu de son émission, beaucoup se réjouissent de sa présence à l’antenne. Son émission sera certainement renouvelée. Notre unique option reste de ne pas se brancher sur TV3 chaque soir, à partir de 22h30. Enfin, pour les fans éventuels de Janika Ter Ellen qui ne seraient pas découragés par sa garde-robe, sachez que vous pouvez la suivre sur Twitter, et ainsi éviter de vous coltiner M. Snickers. »

C’était au début du mois. Depuis, un article analysant les audiences sur un an est paru, les comparant à celles du programme diffusé l’année précédente, Nightline. Si The Paul Henry Show a fait légèrement mieux au global, l’émission ne rassemblait cependant que 2,9% du public, et la cible des 25-54 ans était, elle, en légère baisse. On a vu plus convaincant comme preuve d’adhésion à un programme.

On sait d’ailleurs, depuis quelques jours, que Paul Henry sera de retour en matinale à la rentrée (en janvier ici). Punition ? Au contraire, c’est une belle promotion offerte à l’animateur. Si cette nouvelle signe l’arrêt de son Paul Henry Show,  MediaWorks, maison-mère, offre une double exposition à son cador. Il sera en effet diffusé en simultané sur TV3 donc, mais aussi RadioLive. Son arrivée sur ce nouveau créneau fait ainsi deux victimes : les matinales de ces deux canaux – et leurs présentateurs. Impertinence et désinvolture paieront-t-elles mieux en début de journée ?

Amuse-Gueule est à réécouter en intégralité sur Mixcloud, ou via sa page Facebook.

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