Aperçu d’Akaroa et de la Banks Peninsula

Une brève escapade, un dimanche de février. Un anglais, deux hollandais, une Leggie, et ma pomme. J’y reviendrai, parce que le lieu vaut le détour. Brièvement, sachez que la péninsule de Banks est le résultat d’une formation volcanique. Elle abrite d’innombrables baies – Purau Bay dans l’article à propos de Diamond Harbour étant l’une d’entre elles -, des collines difficiles d’accès et Akaroa, ville principale, très marquée du sceau tricolore.  Je vous propose d’y jeter un coup d’oeil, avant d’en reparler plus longuement.

axL

Banks peninsula

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Tremblement de terre : vive émotion, 3 ans après

Samedi 22 février, Christchurch a donné rendez-vous à ses habitants aux Jardins botaniques, pour commémorer les 3 ans du tremblement de terre qui a fait 185 victimes. Une cérémonie qui a rassemblé par delà les frontières de la Nouvelle-Zélande, puisque des victimes japonaises, irlandaises ou encore canadiennes ont succombé à l’effondrement de bâtiments, ce 22 février 2011.

Si le maire de la ville, Lianne Dalziel, a invoqué la beauté du cadre de l’Archery Lawn (immense pelouse arborée faisant partie des Botanic Gardens) pour justifier ce lieu de rendez-vous, il est aussi un clin d’oeil au rassemblement spontané qui a eu lieu ici même, quelques minutes après que la terre a tremblé.

Une cérémonie solennelle, alimentée de prières et d’hommages aux « héros ordinaires », en maori et en anglais, avec, en point d’orgue, le nom de chacune des victimes cité. Pour ne pas oublier. Puis, à 12h51 précises, une minute de silence dominée par le chant des cigales. Parmi le millier de personnes en quête d’ombre, ici une accolade, là une main dans le dos en signe de réconfort.

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DES STIGMATES OMNIPRESENTS

Au quotidien, il est difficile, trois ans plus tard, de ne pas voir que Christchurch a été frappée par un séisme. En fait, il y en a eu deux très importants, et des milliers de répliques. Le 4 septembre 2010, le premier avertissement avait lieu. A 4h35, la terre tremblait, faisant de nombreux dégâts. Paradoxalement, chacun étant chez soi, il n’y a pas eu de victime à déplorer. Le scénario est complètement différent en février. Il est donc 12h51 ce jour-là, quand un tremblement de terre de magnitude 6,3 frappe Christchurch. De nombreux immeubles du centre-ville s’effondrent au moment où il fourmille.

Difficile, d’abord, en parcourant le CBD, ou central business district, qui qualifie le centre économique des grandes villes. Il y a encore ce qu’ils appellent une « red zone », qui est en chantier (vous avez pu voir cela dans l’article « Christchurch, son centre et ses jardins botaniques« ). Des rues sont fermées à la circulation, et de grandes étendues, parfois en ruine, parfois nettoyées et servant de parking provisoire, dessinent la ville. Deux édifices caractéristiques ne sont même pas encore en reconstruction : la cathédrale anglicane et la basilique.

Difficile, parce qu’on en parle dans la presse chaque jour. En effet, chaque nouveau numéro de The Press aborde le sujet, qu’il s’agisse de la reconstruction, des litiges liés aux assurances, ou bien des campagnes de sensibilisation. Dans un reportage intitulé « CTV relève la tête après la tragédie » – l’effondrement de l’immeuble abritant CTV, Canterbury Television, a tué 16 des 17 employés qui s’y trouvaient – le quotidien relaie le témoignage de l’unique survivante.

« Mary-Anne Jackson, réceptionniste, était à son bureau quand le sol s’est mis à se soulever, les escaliers se tordre, les fenêtres éclater. Elle courut en direction de la route. « En regardant par-dessus mon épaule, j’ai vu l’immeuble s’effondrer. Je me sentais si impuissante. Les gens courraient dans tous les sens. J’étais en état de choc. Voir cet immeuble écroulé, avec tous mes amis à l’intérieur, des gens bons et innocents… Leurs vies emportées en quelques secondes. Je me suis sentie engourdie, et bien seule« « , lit-on.

Difficile, enfin, parce que Christchurch a implanté en plein centre Quake City, musée dédié au phénomène et à ses conséquences. Des « morceaux » de monuments, dans l’attente des travaux, sont là. On y voit un extrait de cette vidéo, capturée par une caméra de sécurité – regardez, au second plan, l’homme se réfugier dans l’encadrement d’une porte puis sortir des décombres, et au premier plan, le trottoir se fendre. On y explique le phénomène des liquéfactions, qui ont fini d’endommager ce qui ne l’était pas encore.

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Pour finir, une citation de Will Durant, mise en avant au musée : « La civilisation n’existe que par consentement géologique, sous réserve de changement sans préavis. »

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PS : Sur le constat de la situation 3 ans après, je vous propose de lire cet article de Tom Peters. Il est en anglais. Google Translate est votre ami.

Waitangi Day, c’est férié !

Waitangi

Alors que la Nouvelle-Zélande est en plein débat sur le changement éventuel de son drapeau, symbole d’une identité unique à toutes les communautés qui la composent, le pays célébrait, le 6 février, Waitangi Day. Un jour férié pour la date anniversaire du traité du même nom, signé en 1840. Texte que beaucoup considèrent comme l’acte fondateur de la Nouvelle-Zélande, établissant les conditions de cohabitation entre autochtones et colons.

« Beaucoup » ? Oui, il semblerait que tout le monde ne soit pas enclin à célébrer ce jour, telle la fête nationale que nous connaissons bien. Lors de la pause thé, au travail, la veille, je demandais quelles étaient les célébrations pour ce jour, et si chacun, en particulier, avait prévu quelque chose de spécial. J’ai rapidement compris qu’il s’agissait d’un jour important davantage pour les maoris que pour les descendants-de-nouveaux-venus. « Célébrer quoi ? Tu sais, il y a un racisme latent ici en Nouvelle-Zélande » (Je tairais l’âge de l’auteur de ce commentaire. Sachez simplement que c’est effrayant).

Une gorgée de thé mal passée plus tard, j’apprenais qu’il n’y avait pas tant d’événements que cela de prévu dans les environs. Pas de réjouissances au menu de ce blog, donc. Je resterai très factuel en expliquant que ce 6 février 1840, 40 chefs maoris et des représentants de la couronne britannique ont signé à Waitangi (Ile du Nord) un document écrit à la hâte par le lieutenant William Hobson.

Traduit aussi en maori, le traité faisait apparaître des différences, donnant dans la version anglaise un pouvoir plus important aux britanniques. A cela s’ajoutait l’absence d’accords de la part de certains chefs maoris importants. Malgré tout, après avoir atteint plus de 500 signatures dans les jours qui ont suivi, la souveraineté britannique était durablement installée.

Avec le « Treaty of Waitangi Act 1975 », le texte est reconnu officiellement dans la loi néo-zélandaise, 135 ans plus tard. Le Waitangi Tribunal est instauré, afin de prendre en considération tout acte qui contreviendrait aux principes établis par le traité. Une victoire pour les maoris, qui obtiennent là un moyen d’estomper les différentes interprétations qui peuvent en être faites d’une langue à l’autre.

Aujourd’hui, pour de nombreux néo-zélandais, Waitangi Day, férié depuis 1974, est l’occasion de se réunir, de renforcer une vision nationale d’unité et de pacifisme. Pour d’autres, comme certains de mes collègues a priori, ou pour moi, c’est juste un jour de repos. J’ai profité de cette belle journée pour aller observer les oiseaux, jumelles et guide en mains.

axL

De la nécessité d’une compagne

Elle a 18 ans, tout juste. Ca tombe bien, parce que je vais devoir dormir avec elle, parfois. Non pas que je remette en question le fait de voyager seul, non. C’est toujours d’actualité. Mais il faut considérer qu’à certains moments, on a besoin de quelqu’un à ses côtés.

Quelqu’un auprès de qui se réfugier quand ça ne va pas trop. Oui, quelqu’un qui fait que les distances paraissent plus courtes. Quelqu’un qui soulage du poids que vos frêles épaules doivent supporter. Quelqu’un qui peut vous réchauffer, lorsqu’il fait trop froid. Quelqu’un qui vous transporte !

Je me devais de vous la présenter, parce que sans elle, ce blog ne serait pas ce qu’il va devenir (hein?). Elle est un peu rebelle : elle a deux tatouages Viking au cul… Mais on va bien s’entendre ! Elle s’appelle Subaru Legacy, « Leggie » pour les intimes.

axL

Leggie Leggie Leggie Leggie

PS : c’est aussi elle qui va m’amener au travail lundi matin 😉 (Je vous en dirai plus, don’t worry!)

Lyttelton & Diamond Harbour

Map Lyttelton

A 11h20, j’embarque dans le bus 535 en direction de Lyttelton. L’arrêt de bus est en face de l’auberge, pratique. Je me dirige donc vers la banlieue sud-est de Christchurch, où je n’ai pas encore mis les pieds. Le bus prend la direction de Sumner, où se trouvent quelques plages, et s’engouffre dans un tunnel, pour atteindre le versant sud des hauteurs de Christchurch. En 15 minutes, je suis à Lyttelton. Un petit port qui fait face à la Banks Peninsula. A flanc de colline, de nombreuses habitations ont une vue plongeante sur le port. Je demande au chauffeur de me laisser en haut du village. Oui, je suis faignant ce matin. Je me promène, fait face à de nombreux culs de sac, et me résous à descendre, en direction du centre d’information.

Je n’ai pas de réel programme, et demande à la charmante dame d’une soixantaine d’année s’il y a d’agréables promenades dans les environs. Après m’avoir conseillé de remonter (non merci, j’en viens), elle m’indique qu’un ferry traverse la baie en direction de Diamond Harbour. Là-bas, des cliff walks (sentiers côtiers) permettent d’avoir de jolis points de vue. Banco ! Le bateau ne part pas avant une heure, et j’ai le temps d’explorer l’artère (le vaisseau sanguin, disons) principale. 

Lyttelton

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12h50, me voilà dans le ferry. En moins de 10 minutes, je débarque à Diamond Harbour. Je me pose une petite demi-heure, le temps d’avaler un sandwich et de savourer un délicieux thé-noir-glacé-bio-aromatisé-citron. Muni de mon appareil photo, mes jumelles, et une carte non détaillée, j’engage ma mini-randonnée. Il faut d’abord redescendre sur la plage, pour pouvoir longer un chemin qui remonte, tout droit, en direction du sommet de la colline. Rochers, grandes marches, branches en travers du passage. Rien de plus classique jusque-là, mais toutefois fort agréable. Le chemin est ensuite coupé par la route. Deux options s’offrent à moi, de l’autre côté du ruban de bitume. Je choisis la mauvaise.

Quelques dizaines de mètres plus haut, je demande de l’aide à un habitant. Je suis au milieu de maisons, en hauteur désormais. Vue sur Lyttelton d’un côté, l’embouchure de la baie de l’autre. Il fait toujours aussi beau, mais des nuages montent au sud. Je vise un sentier, mince trait sur ma carte, que la légende désigne comme un cliff walk. Et me renseigne une seconde fois (Monsieur et Madame redessinant les marches conduisant à leur maison. Lui : « Oh je sais pas trop moi. Tiens, descends jusqu’à la porte d’entrée et toque, mon fils va t’aider » (…) Elle : « Mais d’où vient ce charmant accent ? » Moi : « De France »
Elle : « Oh, je m’en doutais » {méga sourire} Moi : « Merci beaucoup, c’est super sympa! A bientôt »).

Je suis alors un autre chemin de gravier, bien décidé à atteindre le bord de l’eau. Raté, encore. Un cul de sac de plus, et il ne me reste qu’un chemin à suivre. Je vois bien sur mon plan qu’il va m’amener beaucoup plus loin que prévu. Tant pis, je couperai avant pour rejoindre le sentier voulu. Après plusieurs centaines de mètres, à flanc de colline, la roche à ma droite, une forêt de pins en aval, je me décide et engage la descente. C’est escarpé, et je ne fais que glisser. Des graines de plantes séchées font effet d’énormes échardes et se plantent dans les mailles de ma veste, mon short, mon t-shirt. Mes chaussures sont remplies de feuilles, de terre et d’aiguilles de pin.

Une fois la pente arborée dévalée, à moitié sur le postérieur pour contrecarrer mes appuis fuyants, me voilà surplombant la route. Un mur de roche abrupt de 5-6 mètres nous sépare. Tant bien que mal, évitant d’être trop près du bord et enjambant les troncs d’arbres, je commence à longer la route, dans le sens du sentier que j’empruntais jusqu’à il y a quelques minutes, espérant trouver un goulot qui me permettrait d’atteindre la route. Après 10 minutes d’angoisse, je trouve enfin un terrain plus accommodant. Je m’y engage, glisse, m’accroche aux herbes hautes, et atteins enfin le fossé. Je ressemble à Bear Grylls (mais si, le timbré de Man vs. Wild), sans l’attitude du baroudeur. Juste sale et débraillé. Sans assurance aucune, mais qui fait comme s’il maîtrisait la situation.

Quelques mètres, et me voilà sur le sentier que j’avais repéré des heures avant. La récompense après la panique. Ce chemin longe Purau Bay. De nombreuses mouettes nichent ici et là, des bateaux s’y reposent. L’eau, d’un joli vert opaque, me rappelle les Emerald Lakes du Tongariro Crossing, dans l’île du Nord, où je suis passé il y a 4 ans. Je ne croise qu’une seule personne sur les 2-3 kilomètres qui me ramèneront à l’embarcadère. Désormais, une mer de nuage a chassé le ciel bleu, et j’essuie quelques gouttes. Il fait un peu plus frais, mais le charme de la baie reste le même. Merci Madame du centre d’infos, c’était top !

axL

Diamond Harbour

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