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Explorer Abel Tasman NP en kayak

Le parc national Abel Tasman, du nom de l’explorateur hollandais – qui a aussi donné son nom à la Tasmanie et à la mer de Tasman, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande -, s’étend sur la pointe nord de l’île du sud, près de Nelson. S’il est très connu pour ses randonnées de plusieurs jours, sa situation géographique permet aussi de le longer en kayak de mer, et de visiter, à sa guise, les dizaines de plages au sable doré quasi désertes. On rencontre facilement de nombreuses otaries, les plus chanceux ont l’opportunité de croiser la route de dauphins. Ou parfois, comme ici, un petit requin en fin de vie. Conditions humides oblige, je n’ai embarqué que la gopro, qui limite la qualité des prises de vues. Voici cependant un petit aperçu.

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Kaikoura et sa colonie d’otaries

Une baleine à bosse. Ou alors un cachalot. Ce serait une première. Je ne suis pas sûr, cela dit, que la sperm whale, comme on l’appelle en anglais, s’autorise des sauts façon humpback… Enfin, peu importe, une baleine, quelle qu’elle soit. Oui, j’espère sincèrement en apercevoir une, depuis les sentiers de la péninsule de Kaikoura. Mon étape ici est de courte durée, et je n’ai de prévu que cette balade en bord de Pacifique.

C’est de renom, la péninsule abrite une colonie d’otaries. Je suis cependant surpris d’en apercevoir dès le parking. Il est 8 heures, le soleil est déjà bien haut, et une petite dizaine d’otaries finissent leur nuit, non pas sur les rochers ou quelque promontoire naturel, mais bien sur le bitume. En respectant une distance de 8-10 mètres, préconisée afin de ne pas les déranger, je profite de l’opportunité et fait claquer mon objectif pour la première fois ce matin-là.

Je suis à Point Kean, d’où démarre le tracé. D’abord pavé, il laisse rapidement place à de la terre boueuse. Après une raide ascension, me voilà sur le haut de la falaise. D’un regard plongeant, j’observe déjà des dizaines d’otaries qui daignent à peine agiter leurs moustaches. Si c’est une colonie, ce coin de rocher est indéniablement le dortoir. A quelques rares exceptions, pas une oreille ne bouge. Je jette un coup d’oeil au large. Aucun geyser de gouttelettes qu’un évent aurait expulsé. Alors que je continue à longer l’océan Pacifique, j’assiste à un vrai concert de sons aux origines variées.

Au loin, le ronronnement sourd et monocorde d’une embarcation qui ne deviendra vite plus qu’un point, avant de disparaître, happée par le flou de la ligne d’horizon. Au pied de la falaise, l’échouage des vagues. Brisées en deux par des îlots rocheux avancés, elle finissent, en bout de course, par lécher la grève, avec douceur. A ce même endroit, ce sont quelques otaries qui se font entendre. Plus que l’aboiement qu’on leur attribue, les sons qui me parviennent rappellent des cris éraillés. Enfin, de l’autre côté, qui n’est que champs et bosquets, c’est le pépiement incessant de passereaux qui arrive à mes oreilles.

Lorsque la falaise, formant une pointe s’avançant sur l’océan, m’offre un point de vue idéal, je m’installe et sors mes jumelles. Je repère une otarie qui cesse son bain de soleil pour aller se délasser dans un bouillon d’algues. Nageant à l’indienne, sur le flanc, elle m’adresse un bonjour de la nageoire avant de disparaître. Comme un jeu, elle réapparaît ça et là. Une fois, deux fois, trois fois… J’anticipe ses trajectoires et repère ses prises de respiration. Mais ses apnées s’allongent, et je la perds finalement de vue.

Un escalier m’autorise enfin à descendre au niveau de l’eau. Je décide de m’y engager, pour y faire le chemin en sens inverse qui me mènera de nouveau au parking. C’est un de ces matins où la marée, basse, le permet. Depuis le sommet, j’avais repéré quelques endroits qui me permettraient d’approcher à nouveau les otaries. Rapidement, je suis en terrain miné. L’herbe est haute, la fourrure aux tons marrons et reflets verdâtres se confond avec la végétation. Avant chaque nouveau pas, je prends les précautions nécessaires.

Je suis, semble-t-il, le premier visiteur du jour. Aussi, je suis obligé de contourner le tracé dessiné par les pas de mes prédécesseurs. Les otaries ne s’embarrassent pas de la signalétique qui a tendance à réduire l’espace qui leur est destiné, et dorment un peu partout. Il y a celles qui me repèrent et se carapatent, et celles qui ouvrent un oeil, analysent la situation, et attendent que je m’éloigne. Je déclenche à loisir, sous tous les angles.

Cette promenade touche à sa fin, mais ce n’est que le début de mon road trip d’une semaine, à destination d’Auckland. Premier jour, et j’en prends déjà plein la vue. Aussi, c’est à savoir, la route qui mène à Kaikoura, au nord comme au sud, prise entre les falaises et l’océan Pacifique, a un charme indescriptible. Mon seul regret : ne pas être un simple passager qui, le nez collé à la fenêtre, ne laisserait échapper aucun détail. A l’affût de la nageoire caudale que je n’ai pas vue ce matin-là.

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Clichés pris la veille, à mon arrivée, depuis la plage située au centre-ville de Kaikoura :

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Quelques coups de pagaie à Flea Bay

Retour sur les paysages familiers de la Péninsule de Banks. Cette fois, le point de vue est – surtout – au niveau de la mer, à bord d’un kayak. Après avoir retrouvé notre guide français, Kévin – un ancien working-holiday-visa qui a trouvé l’amour et s’est installé ici – à Akaroa, nous prenons la direction de Flea Bay, à quelques minutes de route. Parmi les offres de kayak en mer proposées dans le coin, sa société est la seule à opérer à cet endroit, loin de la foule de touristes qui se concentre sur la baie d’Akaroa.

Au programme, sur le papier, dépaysement et rencontres avec dauphins, manchots et otaries. En deux minutes, nous avons atteint les hauteurs de la péninsule. Face à nous le port d’Akaroa, derrière nous l’océan Pacifique, calme et presque sans limite. Nous redescendons à travers la réserve Tutakakahikura – moyen mnémotechnique en français approximatif, selon Kévin : « Tout en caca il courra ». La vue sur Flea Bay est splendide, l’eau émeraude tranche avec l’azur du ciel.

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Après avoir récupéré pagaies, jupes et gilets de sauvetage, nous voilà sur la plage de galets, prêts à embarquer dans les kayaks bi-place. Après quelques mètres parcourus seulement, nous apercevons une otarie. Allongée sur le flanc, elle nous tourne le dos. C’est à peine si elle réagit à notre présence. En dessous, trois manchots pygmées – little penguin en anglais – tentent, eux, de se cacher. Nous continuons de longer la baie. De plus en plus, les vagues font tanguer notre embarcation. Bientôt, nous sommes à l’entrée de la baie. Devant nous, l’immense Pacifique.

Des creux d’1 mètre – des petits creux, donc – suffisent à pimenter la sortie, jusque-là très paisible. Kévin estime qu’il est imprudent de s’aventurer plus loin, vers le large. Nous traversons alors tranquillement la baie, afin d’en rejoindre puis longer l’autre côté. De nombreuses otaries sont regroupées. Cette fois-ci, notre présence semble les importuner, et c’est le branle-bas général sur le rocher où elles ont élu domicile. Vite, à l’abri! Nous nous éloignons, pour ne pas les perturber davantage.  Retour à la plage.

Malheureusement, nous n’avons pas eu la chance de croiser des dauphins d’Hector, le plus petit de son espèce, que l’on ne trouve qu’en Nouvelle-Zélande. Cela n’a pas empêché de faire de cette demi-journée un moment fort agréable. C’est une activité qu’il m’a été recommandé de faire aussi à Abel Tasman National Park. Rendez-vous est pris pour la fin de l’année, au retour de l’été.

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Bonus cliquables :

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Aperçu en caméra embarquée :

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